Je ne compte plus le nombre de fois dans ma vie où je me suis dit « c’est pas le bon moment ». « C’est pas le bon moment pour avoir un enfant »; « c’est pas le bon moment pour changer de voiture »; « c’est pas le bon moment pour me lancer à mon compte »; « c’est pas le bon moment pour engager un stagiaire »; « est-ce que c’est vraiment le bon moment pour sortir cette offre? »

Parfois, j’ai forcé. J’ai appuyé sur « publier » alors que je sentais de la résistance en moi — un truc pas très net, difficile à nommer, mais bien là. Moi aussi, j’ai lancé une offre un jour où tout en moi me disait d’attendre encore un peu, parce que “c’est prévu comme ça”. Je l’ai sortie quand même.

Elle a fait un flop complet.

Si ça vous est aussi arrivé, alors la suite va vous parler.

Pourquoi avons-nous tant de mal à reconnaître le bon moment?

Notre cerveau déteste l’inconnu et l’incertitude. Alors, quand on s’apprête à faire quelque chose de nouveau, pour se rassurer, on cherche des validations: un « signe » qui confirme qu’on va dans la bonne direction. Et si on ne le voit pas, on attend. Ou on se concentre sur des petits détails à régler, on veut que tout soit parfait… et c’est ainsi qu’on laisse filer les opportunités. Bien sûr, ce n’est qu’après qu’on s’en rend compte.

Le vrai problème, ce n’est pas qu’on ne trouve pas la réponse. C’est qu’on la cherche à un seul endroit. On regarde en nous — notre ressenti, notre courage, notre motivation — alors qu’une partie de la réponse se trouve aussi à l’extérieur, dans le rythme des choses qui nous entourent.

Le vrai problème, ce n’est pas qu’on ne trouve pas la réponse. C’est qu’on la cherche à un seul endroit.

Le bon moment n'est pas seulement une intuition, c'est une rencontre

Imaginons que j’ai envie de cultiver des tomates. J’ai des graines — elles sont parfaites. Si je les plante en plein hiver, toutes parfaites qu’elles soient, elles ne vont pas germer.

Pas parce qu’elles ne sont pas prêtes. Parce que ce n’est tout simplement pas le bon moment.

Le bon moment, ce n’est donc pas quelque chose qu’on décrète depuis l’intérieur. C’est une rencontre entre ce qu’on est prêt à faire et ce que le moment, lui, est prêt à accueillir.

Jeunes pousses couvertes de givre, illustrant l'importance d'attendre des conditions favorables avant d'agir.

Le bon moment, c’est une rencontre entre ce qu’on est prêt à faire et ce que le moment, lui, est prêt à accueillir.

Depuis des siècles, les cultures à travers le monde observent ces cycles

Pyramide de Kukulcán à Chichén Itzá, dont l'architecture révèle les effets de la lumière solaire aux équinoxes.

Pyramide de Kukulcán à Chichén Itzá, dont l'architecture révèle les effets de la lumière solaire aux équinoxes.

Lever du soleil entre les pierres de Stonehenge, monument aligné avec le soleil lors des solstices.

Lever du soleil entre les pierres de Stonehenge, monument aligné avec le soleil lors des solstices.

Reconstitution de l'observatoire solaire de Taosi en Chine, utilisé pour observer le mouvement du soleil et établir un calendrier.

Reconstitution de l'observatoire solaire de Taosi en Chine, utilisé pour observer le mouvement du soleil et établir un calendrier.

Ce n’est pas un hasard si tant de civilisations ont construit des monuments entiers pour observer le ciel. À Chichén Itzá, aux équinoxes, l’ombre projetée par la pyramide dessine un serpent qui semble descendre le long des marches — un spectacle si précis qu’il fallait des siècles d’observation pour l’obtenir. Stonehenge, lui, est aligné sur le lever du soleil aux solstices.

Et il n’est pas nécessaire d’aller aussi loin. Au VIe siècle avant notre ère, les Étrusques ont fondé en Italie la cité de Kainua — l’actuelle Marzabotto — dont l’urbanisme entier semble organisé autour du ciel: au solstice d’été, le soleil se levait pile derrière l’acropole.

Pourquoi investir autant d’efforts, sur des générations, dans ce genre de constructions?

Le temps n’est pas seulement quelque chose qui passe. C’était une information avec laquelle agir.

Parce que, bien avant nos agendas et nos horloges, observer les cycles permettait aux sociétés humaines de se repérer dans le temps. Savoir quand semer, quand récolter, ou anticiper le retour des saisons, pouvait être vital pour toute une communauté.

Le temps n’était donc pas seulement quelque chose qui passe. C’était une information avec laquelle agir.

Nous, en Occident, aujourd’hui, nous pouvons acheter des tomates en plein hiver. Pratique — mais on y a perdu cette connaissance du juste moment.

Dans d’autres cultures, cette attention portée au moment s’est davantage conservée. C’est notamment le cas dans la tradition chinoise avec le Tong Shu, un almanach qui indique, jour après jour, quelles actions sont considérées comme favorisées par la qualité du moment — et lesquelles le sont moins.

Et si vous commenciez par le tester?

Je suis intimement convaincue que l’expérience est le meilleur moyen d’apprendre — pas la théorie.

Alors, puisque nous avons largement perdu cette culture du bon moment, j’ai voulu la rendre accessible autrement. J’ai créé un mini assistant gratuit: vous lui indiquez l’action que vous envisagez, et il vous dit si le Chi du moment lui est favorable — ou s’il vaut mieux, comme pour les graines de tomates, attendre encore un peu.

Une façon très simple de commencer à observer ce qui se passe quand on ne choisit plus seulement quoi faire, mais aussi quand le faire.

Pour aller plus loin

Vous voulez continuer à explorer la question du timing ?

→ Pourquoi travailler plus ne produit pas toujours de meilleurs résultats : Découvrez pourquoi l’effort ne suffit pas toujours et comment le contexte peut influencer le résultat d’une action.

→ Qu’est-ce qu’un Calendrier Feng Shui ?: Découvrez comment le Tong Shu et les calendriers chinois permettent de transformer l’observation des cycles en outil concret pour choisir ses dates.

FAQ

Le bon moment n’est pas seulement une question de ressenti intérieur. C’est une rencontre entre votre préparation personnelle et le rythme extérieur des choses — un peu comme des graines qui, aussi parfaites soient-elles, ne germent pas si on les plante en plein hiver.

Parce que notre cerveau supporte mal l’incertitude. Face à une décision, nous cherchons donc des signes qui nous rassurent, ou nous essayons de tout contrôler avant d’agir. À force d’attendre la certitude, nous pouvons finir par laisser passer une opportunité.

Le Tong Shu est l’almanach chinois traditionnel qui indique, jour après jour, quelles actions sont en phase avec l’énergie du moment et lesquelles ne le sont pas. Il incarne une culture du « juste moment » que l’Occident a largement perdue.

Oui. De nombreuses civilisations ont observé les cycles célestes pour savoir quand semer, récolter ou agir — c’est notamment le cas des Étrusques, dont la cité de Kainua (aujourd’hui Marzabotto) était orientée pour que le soleil se lève pile derrière l’acropole au solstice d’été. Pour approfondir, vous pouvez regarder le documentaire d’Arte « Les Étrusques, une civilisation mystérieuse de Méditerranée ».

L’article propose un mini assistant gratuit: vous lui indiquez l’action envisagée, et il vous aide à évaluer si le moment lui est favorable — une façon simple de vivre l’expérience plutôt que de la théoriser.

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